
Une crise énergétique persistante
Le Cameroun est confronté à une crise énergétique qui menace son développement économique et la qualité de vie de ses citoyens. Ces dernières années, les coupures de courant récurrentes, les délestages prolongés et l’instabilité du réseau électrique sont devenus des problèmes majeurs pour les entreprises et les ménages. Au centre de cette crise se trouve Eneo, l’entreprise en charge de la distribution de l’électricité au Cameroun, qui peine à assurer un service stable et fiable.
Avec une population en croissance rapide et une demande en électricité qui ne cesse d’augmenter, le pays doit faire face à un défi majeur : comment moderniser et stabiliser son réseau électrique pour répondre aux besoins de tous ?
Eneo, un monopole controversé
Depuis 2014, Eneo, filiale de la société britannique Actis, détient la concession de la distribution et de la production d’électricité au Cameroun. Toutefois, l’entreprise est régulièrement critiquée pour son incapacité à fournir un service fiable. Les citoyens dénoncent des factures élevées malgré une mauvaise qualité du service, des infrastructures vieillissantes et un manque d’investissements dans les énergies renouvelables.
Face à cette situation, le gouvernement camerounais commence à envisager une réforme du secteur énergétique. Plusieurs scénarios sont sur la table : renouveler le contrat d’Eneo en exigeant des améliorations, ouvrir le marché à d’autres acteurs pour stimuler la concurrence, ou encore renforcer le rôle de l’État dans la gestion de l’électricité.
Les défis de la production et de la distribution
Le Cameroun dispose d’un potentiel hydroélectrique important, avec des barrages tels que ceux de Lom Pangar, Memve’ele et Nachtigal en cours de développement ou récemment mis en service. Pourtant, malgré ces infrastructures, l’accès à l’électricité reste limité et instable.
Les principales causes de ces problèmes sont :
- Le manque d’investissements dans les infrastructures : de nombreuses lignes de transport d’électricité sont obsolètes, entraînant des pertes considérables d’énergie lors de la distribution.
- La mauvaise gestion et le manque d’entretien des équipements existants.
- Une forte dépendance aux énergies fossiles, alors que le pays dispose d’un potentiel énorme en énergie solaire et éolienne encore sous-exploité.
Vers une diversification énergétique ?
Pour surmonter cette crise, plusieurs experts suggèrent une diversification du mix énergétique camerounais. L’hydroélectricité reste la principale source de production, mais elle est vulnérable aux variations climatiques. Investir dans les énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien, pourrait permettre au Cameroun de réduire sa dépendance aux barrages et d’améliorer l’accès à l’électricité dans les zones rurales.
Par ailleurs, la libéralisation du secteur électrique pourrait encourager l’arrivée de nouveaux investisseurs et favoriser une meilleure compétitivité, ce qui bénéficierait aux consommateurs en termes de prix et de qualité de service.
Quel avenir pour l’électricité au Cameroun ?
L’avenir d’Eneo reste incertain. La décision du gouvernement concernant le renouvellement ou non du contrat de concession sera déterminante pour l’évolution du secteur énergétique camerounais. Pendant ce temps, la population continue de subir les effets des coupures d’électricité, freinant le développement industriel et affectant le quotidien des ménages.
Le Cameroun doit impérativement prendre des mesures pour moderniser son réseau électrique, encourager les investissements dans les énergies renouvelables et revoir la gouvernance du secteur. C’est à ce prix que le pays pourra enfin garantir une fourniture énergétique stable et durable, essentielle pour sa croissance économique et son développement social.






