
Une rupture devenue guerre ouverte
Anciennement le principal collaborateur du président Félix Tshisekedi et membre éminent de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Jean-Marc Kabund est à présent l’un de ses adversaires les plus virulents. Ce divorce politique, qui a débuté en 2022, s’est métamorphosé en une véritable guerre déclarée.
Depuis sa sortie de détention en février 2025, Kabund intensifie ses critiques à l’encontre du régime actuel, accusant ce dernier de « dérive autoritaire » et de trahison des idéaux du « véritable UDPS ».
De l’ascension fulgurante à la disgrâce brutale
Jean-Marc Kabund a longtemps été l’un des piliers de l’UDPS :
- Secrétaire général du parti
- Président intérimaire après la mort d’Étienne Tshisekedi
- Premier vice-président de l’Assemblée nationale
Mais en 2022, des désaccords profonds avec le président Tshisekedi sur la gouvernance, la gestion du parti et l’exercice du pouvoir l’ont conduit à démissionner, avant d’être exclu du parti pour insubordination.
Arrestation et résilience politique
Peu de temps après sa prise de distance avec le pouvoir, Kabund a été arrêté et condamné à sept ans de prison pour :
- Outrage au chef de l’État
- Propagation de faux bruits
- Atteinte à la sûreté de l’État
Sa grâce présidentielle en février 2025 n’a pas apaisé son discours. Au contraire, il est revenu plus déterminé que jamais à construire une opposition alternative, loin des structures traditionnelles.
Un discours radical, une opposition affirmée
Depuis sa sortie de prison, Kabund critique ouvertement :
- La gestion de la crise sécuritaire à l’Est de la RDC
- La « captation » de l’UDPS par un cercle restreint autour de Tshisekedi
- L’absence de réforme profonde dans les institutions
“L’UDPS d’aujourd’hui n’est plus celle de nos combats. Elle est devenue un appareil corrompu et manipulateur”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse en avril 2025.
Il appelle désormais à la mobilisation d’une « nouvelle génération de résistants », à travers son propre parti politique, l’Alliance pour le Changement.
L’UDPS entre fragilité interne et riposte politique
Face aux attaques de Kabund, l’UDPS riposte fermement. Son secrétaire général, Augustin Kabuya, l’a qualifié de « traître politique », affirmant que Kabund cherche à saboter le mandat de Félix Tshisekedi.
Mais au sein même du parti présidentiel, des voix dissidentes s’élèvent :
- Certains cadres dénoncent le manque de démocratie interne
- D’autres critiquent l’ »exclusion systématique » des anciens compagnons de lutte
- La base militante semble divisée, entre loyauté au président et nostalgie de l’UDPS d’Étienne Tshisekedi
Kabund, futur chef de l’opposition ?
Le nom de Jean-Marc Kabund revient de plus en plus dans les discussions sur l’après-Tshisekedi. S’il n’est pas encore officiellement candidat à la présidentielle de 2028, ses ambitions sont claires. Il entend fédérer les déçus du pouvoir, les exclus de l’UDPS et les jeunes désabusés autour d’un projet de « rupture radicale ».
Fracture irréconciliable
Le conflit politique entre Jean-Marc Kabund et l’UDPS constitue un moment décisif dans l’histoire du parti au pouvoir. Cette division, qui dépasse largement le cadre d’un conflit personnel, met en lumière une grave crise de leadership et de doctrine parmi l’élite politique du Congo.
Congo Focus surveillera attentivement les évolutions futures de ce combat politique susceptible de remodeler l’équilibre des forces en RDC d’ici 2028.



