
Lorsque Donald Trump a déclenché une guerre commerciale durant sa présidence (2017–2021), les projecteurs se sont principalement tournés vers la Chine, l’Union européenne, et le Canada. Pourtant, en marge de ce bras de fer mondial, l’Afrique a également subi de lourdes conséquences, bien que moins médiatisées. Certains pays africains, en particulier ceux dont les économies sont fortement liées au commerce international ou aux matières premières, ont vu leurs perspectives économiques sérieusement affectées.
Comprendre la guerre commerciale de Trump
La guerre commerciale de l’ex-président des États-Unis s’est manifestée par l’imposition massive de droits de douane sur les importations, notamment celles venant de Chine. En retour, la Chine a riposté avec des taxes similaires. Cette escalade protectionniste a désorganisé les chaînes d’approvisionnement mondiales et a accru la volatilité des marchés.
Conséquences indirectes pour l’Afrique
Même si l’Afrique n’était pas la cible directe de ces mesures, le continent a été frappé de manière collatérale. Les retombées se sont fait sentir à travers :
Une baisse de la demande chinoise en matières premières africaines
Une réduction des investissements directs étrangers
Un ralentissement du commerce bilatéral
Des pressions sur les devises locales et les balances commerciales
1. L’Afrique du Sud : le partenaire vulnérable
En tant que pays le plus industrialisé du continent, l’Afrique du Sud a été fortement touchée. Le pays entretient des relations commerciales importantes avec la Chine et les États-Unis. Lorsque la Chine a réduit sa demande d’importations, notamment d’acier, de cuivre et de minerais sud-africains, les exportations ont chuté, entraînant un ralentissement économique.
De plus, les secteurs sud-africains de l’automobile et des équipements industriels, qui dépendent fortement des composants chinois, ont subi des ruptures de chaîne logistique.
2. L’Angola et le Nigéria : la dépendance au pétrole
L’Angola et le Nigéria, deux grandes nations pétrolières d’Afrique, ont été indirectement impactées par la baisse de la demande mondiale en hydrocarbures. La Chine, principal importateur du pétrole africain, a réduit ses achats pour éviter la flambée des prix.
Résultat :
Chute des revenus pétroliers
Dévaluation des monnaies locales
Pression accrue sur les budgets nationaux
3. L’Éthiopie : le rêve industriel perturbé
L’Éthiopie, pays à forte croissance avant la pandémie, comptait sur des investissements massifs chinois pour son développement infrastructurel (routes, chemins de fer, zones industrielles). La guerre commerciale a provoqué un repli temporaire de l’engagement économique chinois, ralentissant plusieurs projets.
De plus, certains textiles produits en Éthiopie et destinés aux marchés américains ont été affectés par les changements de tarifs.
4. Le Kenya : vulnérabilité de la dette et hausse des coûts
Le Kenya, engagé dans des projets d’infrastructure financés par la Chine, a vu le coût de ses importations et de ses dettes s’alourdir. Le shilling kényan a subi des pressions, et la hausse des prix des intrants importés a nui à l’agriculture et aux industries locales.
5. Le Maroc et l’Égypte : les marchés exportateurs secoués
Les deux pays, tournés vers les exportations (phosphates, textiles, agriculture), ont vu leur accès aux marchés occidentaux fragilisé par l’incertitude commerciale. Le Maroc, qui avait développé des accords de libre-échange, notamment avec les États-Unis, a dû composer avec des nouvelles barrières tarifaires sur certains produits agricoles.
Un effet domino sur le reste de l’Afrique
Même les pays non directement connectés aux grandes puissances commerciales ont subi :
- Des fluctuations des prix mondiaux (pétrole, cacao, cuivre)
- Une instabilité des devises locales
- Des réductions des financements multilatéraux, car les grandes puissances redirigeaient leurs ressources pour contrer les effets du conflit commercial
Quel avenir après Trump ?
Avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, un certain apaisement a été observé, mais les séquelles demeurent. Le commerce mondial reste sous pression, et les pays africains ont compris la nécessité de diversifier leurs partenaires économiques et d’industrialiser leurs économies.
Une leçon pour l’Afrique
La guerre commerciale de Trump a démontré à quel point les économies africaines restent dépendantes des grandes puissances mondiales. Cette crise mondiale a été un signal d’alarme pour renforcer l’intégration économique régionale, promouvoir la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), et investir dans des chaînes de valeur locales.
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