Des partisans du PPRD à Kinshasa, le 14/05/2015 lors du congrès extraordinaire de ce parti. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Une action judiciaire sans précédent
Le 13 mai 2025, le gouvernement congolais a formellement sollicité le parquet pour mettre fin au Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti politique établi par l’ex-président Joseph Kabila. Cette mesure découle d’allégations de collusion entre le PPRD et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23, qui sévit dans l’est du pays.
D’après le ministère de l’Intérieur, le PPRD aurait adopté une attitude de « silence complice » face à l’agression rwandaise, particulièrement en ne dénonçant pas l’occupation de certaines zones par les rebelles de l’AFC/M23. Le ministère de la Justice a aussi initié des actions en justice pour « implication directe » dans la révolte, donnant l’ordre de confiscation des biens appartenant à Joseph Kabila.
Contexte politique tendu
Cette initiative judiciaire intervient dans un climat politique particulièrement tendu. Joseph Kabila, qui avait quitté le pouvoir en 2019, est récemment revenu sur la scène politique, notamment par une visite à Goma, ville sous contrôle de l’AFC/M23. Ce retour a été perçu par certains comme une provocation, renforçant les suspicions de collusion entre le PPRD et les rebelles.
Le PPRD, de son côté, dénonce une « violation flagrante » de la Constitution et des lois congolaises, affirmant que la suspension de ses activités est une manœuvre politique visant à éliminer l’opposition.
Implications pour la stabilité nationale
La demande de dissolution du PPRD soulève des questions majeures sur la stabilité politique en RDC. Si le parti est effectivement dissous, cela pourrait entraîner une reconfiguration du paysage politique, avec des conséquences imprévisibles pour les prochaines élections.
Par ailleurs, cette affaire met en lumière les défis persistants liés à la rébellion de l’AFC/M23 et aux tensions avec le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles. La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation, préoccupée par les risques d’escalade.
La demande adressée au procureur en vue de la dissolution du PPRD constitue un progrès notable dans la bataille menée par le gouvernement congolais pour préserver l’intégrité territoriale de la nation. Néanmoins, cela suscite aussi des questions concernant le respect des droits politiques et la gestion des oppositions. Le dénouement de cette question pourrait modifier les équilibres politiques en RDC et aura probablement des effets durables sur la gouvernance nationale.




1 réflexion sur “Le gouvernement demande la dissolution du PPRD de Joseph Kabila pour complicité présumée avec la rébellion de l’AFC/M23”
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