
Un verdict sans précédent en RDC
Le 20 mai 2025, la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo a prononcé un verdict marquant : Augustin Matata Ponyo, ex-Premier ministre, est condamné à une peine de dix ans de travaux forcés pour des détournements liés au projet agro-industriel Bukanga-Lonzo, un programme qui était censé transformer le paysage agricole en RDC.
On évalue le préjudice à approximativement 245 millions de dollars. Ainsi, ce cas se transforme en l’un des dossiers les plus symboliques de la bataille contre la corruption dans le milieu politique congolais.
Le projet Bukanga-Lonzo : d’espoir à fiasco
Lancé en 2014 sous le gouvernement Matata Ponyo, le projet Bukanga-Lonzo visait à créer un pôle agro-industriel moderne en RDC, capable de répondre aux défis de la sécurité alimentaire.
Mais dès 2017, le projet s’effondre, abandonné, sans production notable, malgré les centaines de millions de dollars investis. Les audits du ministère des Finances et de l’Inspection générale des finances (IGF) ont révélé des détournements massifs, des surfacturations, et des contrats douteux.
Trois condamnations, un message fort
Outre Matata Ponyo, Deogratias Mutombo, ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo, et un troisième responsable technique du projet ont été également condamnés à 5 ans de travaux forcés.
La Cour a ordonné la saisie de plusieurs biens, le remboursement des sommes détournées et l’inégibilité à vie pour toute fonction publique. Cette condamnation sans précédent frappe l’un des poids lourds de l’élite politique congolaise.
Réactions politiques et juridiques
Les réactions n’ont pas tardé. Si une partie de la classe politique salue une « victoire de l’État de droit », d’autres dénoncent une « justice sélective ».
Le camp de Matata Ponyo évoque une décision motivée politiquement, visant à écarter un adversaire potentiel de la course à la présidentielle de 2028. Son avocat a promis un recours devant les juridictions internationales.
Enjeux de cette affaire pour la RDC
La condamnation de Matata Ponyo s’inscrit dans une nouvelle dynamique judiciaire en RDC, marquée par la volonté du président Tshisekedi d’accélérer la lutte contre la corruption. Ce procès montre que même les plus hauts responsables de l’État peuvent être jugés et condamnés.
Mais au-delà du symbole, l’affaire soulève des questions profondes :
- Où sont passés les 245 millions USD ?
- Quel est le rôle des partenaires étrangers impliqués ?
- Quelles garanties pour que d’autres scandales ne se reproduisent pas ?
Un point de bascule pour la justice en République Démocratique du Congo ?
Le jugement de Matata Ponyo marque le début d’une nouvelle période de transparence publique en RDC. Elle constitue un message fort, non seulement pour les dirigeants d’autrefois, mais également pour les responsables en place actuellement.
Congo Focus continuera de se pencher sur ce cas symbolique, car la vérité, la justice et la responsabilité constituent les piliers d’un État contemporain.
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6 réflexions sur “RDC : L’ex-Premier ministre Matata Ponyo condamné à 10 ans de travaux forcés pour détournement de fonds dans l’affaire Bukanga-Lonzo”
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