
Un rendez-vous politique et spirituel d’une grande importance a réuni le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et une représentation de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), en présence de dirigeants de l’Église du Christ au Congo (ECC). Cette discussion a eu lieu au Palais de la Nation et témoigne d’une aspiration partagée à revitaliser la dynamique du dialogue national centré sur un accord social pour la paix et l’unité.
Un échange centré sur la stabilité et la paix durable
Les leaders religieux ont remis au Chef de l’État un rapport final issu d’une mission de trois mois menée à travers le pays et au niveau international. Intitulé « Pacte Social pour le Bien-Être Commun », ce document contient les résultats de vastes consultations avec la population, la diaspora, les partis politiques et des institutions étrangères.
Selon Mgr Marcel Utembi, président de la CENCO, « le pacte vise à créer une base morale, sociale et institutionnelle pour mettre fin aux conflits, instaurer la confiance et favoriser une gouvernance participative ».
Pourquoi cette rencontre maintenant ?
Cette initiative survient dans un contexte de :
- Crises sécuritaires récurrentes à l’est du pays (M23, ADF)
- Tensions politiques internes post-électorales
- Affaiblissement du lien social entre les institutions et la population
Le moment était donc jugé propice par les autorités religieuses pour favoriser un dialogue apaisé et national, au-delà des clivages partisans.
Contenu du rapport présenté à Tshisekedi
Le rapport présenté au président contient :
- Un diagnostic des conflits et fractures sociales
- Des propositions pour une éthique de gouvernance
- Des pistes de réformes constitutionnelles et judiciaires
- Un appel à une conférence nationale pour la paix
Il intègre également des avis recueillis à Bruxelles, Washington et Genève, où les émissaires de la CENCO ont rencontré des diplomates et ONG.
Réaction de Félix Tshisekedi
Le Président Tshisekedi a salué l’initiative, la qualifiant de « constructive, courageuse et profondément patriotique ». Il a promis de mettre en place un groupe de travail présidentiel pour analyser et mettre en œuvre les propositions contenues dans le rapport.
« Je suis convaincu que le dialogue n’est pas une faiblesse, mais une force. Ce rapport montre que les Églises restent engagées dans la paix durable, et nous devons en faire un socle pour une nation réconciliée », a déclaré le chef de l’État.
Quel impact pour la suite ?
Cette rencontre pourrait relancer :
- Une nouvelle conférence intercongolaise dans les mois à venir
- Un dialogue inclusif entre majorité, opposition et société civile
- Un plan national de réconciliation et de décentralisation
Des organisations internationales comme l’Union Africaine et l’ONU suivent de près cette démarche, espérant un signal d’unité dans une région souvent marquée par les clivages politiques et ethniques.
Les attentes de la société civile
Du côté de la jeunesse et des intellectuels congolais, cette rencontre est accueillie avec espoir mais prudence. Beaucoup attendent des gestes concrets comme :
- La libération des détenus politiques
- L’ouverture des médias d’opposition fermés
- Une meilleure transparence dans les nominations et marchés publics
Enjeux politiques sous-jacents
Certains analystes estiment que cette initiative pourrait également servir de tremplin stratégique pour Tshisekedi, à l’approche des futures échéances électorales (municipales et locales), en renforçant son image d’homme de consensus.
D’autres y voient une tentative de neutraliser l’opposition radicale en l’amenant à la table du dialogue.
La rencontre Tshisekedi – CENCO du 21 juin 2025 représente une étape symbolique et stratégique pour l’avenir du Congo. En misant sur un pacte social, la RDC pourrait amorcer une nouvelle dynamique d’unité nationale, nécessaire pour sortir du cycle des violences, du doute institutionnel et de la désillusion populaire.
👉 Reste à savoir si les actes suivront les intentions, et si les différentes forces politiques accepteront de mettre l’intérêt de la nation au-dessus de leurs agendas électoraux.



