
Le 18 juin 2025, au moment où la tension judiciaire est à son comble, Constant Mutamba, ministre de la Justice du Congo et étoile montante de la politique jeune, a étonné tout le monde en faisant part de sa potentielle démission. Cette annonce intervient après la suppression de son immunité parlementaire et l’ouverture d’une enquête pour le détournement de plus de 19 millions USD, initialement destinés à un projet de construction d’établissement pénitentiaire à Kisangani..
1. Une déclaration inattendue mais stratégique
Lors d’une intervention au siège de son parti DYPRO, Mutamba a reconnu que “le pays est au-dessus de tout”, avant de déclarer :
“Si ma présence au gouvernement constitue une gêne pour l’équilibre des institutions, je suis prêt à me retirer.”
Ce ton sacrificiel contraste avec ses sorties publiques précédentes, où il qualifiait les poursuites de politisation de la justice.
2. Retour sur le dossier judiciaire
- Montant en cause : 19 millions USD pour un projet de prison moderne à Kisangani
- Accusations : mauvaise gestion, surfacturation et passation de marchés sans appel d’offres
- Base juridique : Article 145 du Code pénal congolais (détournement de deniers publics)
- Procureur en charge : Firmin Mvonde Mambu, connu pour ses méthodes rigoureuses
3. Analyse politique : démission tactique ou aveu déguisé ?
Cette annonce peut être lue à plusieurs niveaux :
- Préserver l’image du gouvernement Suminwa, qui mise sur la moralisation de la vie publique
- Créer un électrochoc médiatique pour relancer le débat sur la séparation des pouvoirs
- Gagner du temps, en évitant une arrestation ou des mesures coercitives immédiates
- Limiter l’embarras du président Tshisekedi, qui prône la “tolérance zéro” contre la corruption
4. Réactions politiques en chaîne
Gouvernement :
- Le Premier ministre Judith Suminwa aurait salué le “sens de responsabilité” de Mutamba, tout en rappelant l’indépendance de la justice.
Opposition :
- Le camp Fayulu parle de “manœuvre dilatoire” et demande des “mesures exemplaires”.
Société civile :
- Des ONG anticorruption (comme LUCHA ou CNPAV) demandent une mise à l’écart immédiate et la suspension de ses salaires et privilèges.
5. Quel avenir pour Mutamba ?
Plusieurs scénarios sont possibles :
Scénario | Conséquence probable |
Démission immédiate | Retrait du gouvernement, mais poursuites judiciaires maintenues |
Suspension volontaire | Gouvernement le remplace temporairement |
Maintien au poste | Crise de confiance dans la justice et l’exécutif |
Négociation politique | Possible sortie “négociée” en échange de garanties judiciaires |
6. Une affaire symptomatique d’une RDC en mutation
Ce cas n’est pas isolé. Depuis 2020, plusieurs ministres ont été épinglés (ex. : Willy Bakonga, José Sele Yalaghuli), marquant un changement progressif du climat de l’impunité.
La volonté du pouvoir Tshisekedi de faire passer une justice équitable se heurte encore aux intérêts politiques et réseaux d’influence.
L’annonce de démission de Constant Mutamba est plus qu’un simple fait divers. Elle incarne les tensions actuelles entre la jeunesse politique ambitieuse, le système judiciaire en transition et une société civile en éveil.
Ce moment charnière pourrait ouvrir la voie à une réforme plus profonde… ou à une nouvelle impasse institutionnelle.
Que pensez-vous de cette décision ? S’agit-il d’un geste de dignité ou d’une manœuvre politique ?
Réagissez en commentaire sur Congo Focus et partagez cet article !






