
Le paysage politique congolais a été bouleversé ce 22 septembre 2025. Après des semaines de tensions, de pétitions et de débats houleux, Vital Kamerhe a annoncé sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale. La nouvelle, confirmée par des sources parlementaires et relayée par les médias nationaux, a pris de court une partie de l’opinion publique qui avait d’abord cru à une nouvelle rumeur. Mais cette fois, il ne s’agit plus d’une intox : Kamerhe a bel et bien remis sa lettre lors de la conférence des présidents, quelques heures avant une plénière décisive. Cette décision marque un tournant dans sa carrière politique et ouvre une nouvelle séquence pour la vie parlementaire congolaise.
Le poids des rumeurs devenues réalité
Depuis juillet, les réseaux sociaux bruissaient de spéculations autour d’une éventuelle démission de Kamerhe. Plusieurs fois, l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et les services de communication de l’Assemblée avaient démenti catégoriquement ces rumeurs, qualifiant ces informations de « fake news » destinées à semer la confusion.
Pourtant, ce lundi 22 septembre, la fiction est devenue réalité. Dans la matinée, lors de la conférence des présidents – instance réunissant les responsables des groupes parlementaires et des commissions permanentes – Vital Kamerhe a officiellement déposé sa lettre de démission. Un geste qui a surpris certains de ses alliés, mais qui s’explique par la pression croissante d’une pétition visant à le destituer.
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🔗 Voir le produit sur AmazonUne pétition comme détonateur
Tout a commencé avec une pétition initiée par plusieurs députés de l’Union sacrée, notamment Crispin Mbindule, membre influent de l’UDPS. Le texte reprochait à Vital Kamerhe une gestion jugée opaque, un blocage du contrôle parlementaire et une « incompétence » à diriger l’Assemblée. Cette pétition a rapidement recueilli des dizaines de signatures, illustrant l’ampleur du malaise au sein même de la majorité présidentielle.
Face à cette contestation, une commission spéciale a été mise en place pour examiner la recevabilité de la pétition. Le verdict a été sans appel : 16 des 21 membres de la commission se sont prononcés pour la recevabilité, ouvrant ainsi la voie à une destitution quasi certaine lors de la plénière du 22 septembre.
Conscient que le vote ne jouerait pas en sa faveur, Kamerhe a choisi de prendre les devants en annonçant sa démission, évitant ainsi l’humiliation d’un rejet en séance publique.
Une stratégie de retrait assumée
Vital Kamerhe n’en est pas à sa première démission. En 2009 déjà, il avait quitté la présidence de l’Assemblée sous Joseph Kabila, dans un contexte de tensions politiques. Fidèle à sa logique de « préserver la démocratie et l’unité », il a cette fois encore préféré rendre le tablier plutôt que de subir une destitution.
Ce retrait n’est pas seulement une question d’orgueil politique. Il s’agit aussi d’une manière de se repositionner : en démissionnant volontairement, Kamerhe garde une marge de manœuvre pour se présenter comme une victime d’un règlement de comptes interne à l’Union sacrée. Cela pourrait renforcer sa stature auprès de ses partisans et lui permettre de se préparer à de futures batailles politiques, notamment en vue des élections générales de décembre 2025.
Un règlement de comptes au sein de l’Union sacrée
Au-delà de la personnalité de Kamerhe, sa démission met en lumière les fractures internes de la coalition au pouvoir. Depuis plusieurs mois, des tensions opposaient l’UNC de Vital Kamerhe à l’UDPS de Félix Tshisekedi. La pétition apparaît comme l’aboutissement d’une volonté de l’UDPS de consolider son emprise sur l’Assemblée nationale en écartant un allié devenu encombrant.
Pour de nombreux analystes, il s’agit d’un règlement de comptes politique : Tshisekedi cherche à sécuriser ses positions à quelques mois des élections, et la présence d’un président de l’Assemblée trop indépendant pouvait fragiliser cette stratégie. Le départ de Kamerhe ouvre donc la voie à une recomposition du Bureau, probablement plus favorable à l’UDPS et à ses alliés directs.
Les réactions de la classe politique
La nouvelle de la démission a suscité un flot de réactions.
- Les proches de Kamerhe parlent d’un « sacrifice » pour préserver la stabilité du pays.
- Du côté de l’UDPS, on salue une victoire de la démocratie parlementaire et du contrôle institutionnel.
- Dans l’opposition, certains y voient un signe de fragilité du pouvoir Tshisekedi, incapable de maintenir une cohésion durable au sein de sa majorité.
Sur les réseaux sociaux, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Beaucoup de Congolais expriment leur surprise, d’autres leur satisfaction, et certains redoutent une crise institutionnelle à quelques mois des élections.
Quelles conséquences pour la suite ?
La démission de Kamerhe ouvre une période de transition délicate. Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée, c’est le premier vice-président, Isaac Tshilumbayi, qui assure l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau président.
Cette vacance intervient à un moment sensible : la RDC s’approche des élections générales de décembre 2025. La recomposition du Bureau pourrait avoir un impact sur la stratégie électorale de l’Union sacrée, mais aussi sur les équilibres entre majorité et opposition.
Pour Kamerhe lui-même, l’avenir reste incertain. Certains estiment qu’il pourrait se repositionner comme candidat à la présidentielle, d’autres pensent qu’il cherchera à renforcer son ancrage local en province. Quoi qu’il en soit, son départ de l’Assemblée ne marque pas la fin de sa carrière politique, mais bien une nouvelle phase, faite de repositionnements et de calculs stratégiques.
En choisissant de démissionner le 22 septembre 2025, Vital Kamerhe a évité une destitution quasi certaine et s’est offert une sortie « honorable » face à une majorité qui ne le soutenait plus. Ce geste marque un tournant pour l’Assemblée nationale et pour l’Union sacrée, révélant les fractures internes du camp présidentiel à l’approche des élections.
Cette démission, à la fois contrainte et calculée, ouvre une nouvelle page de la politique congolaise. Elle rappelle aussi combien la scène politique reste instable et imprévisible, dominée par des rapports de force changeants où les alliances se font et se défont au gré des intérêts électoraux.





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