
Bakambu, Wissa, Banza, Sadiki, Wan-Bissaka… ce que révèle vraiment la convocation de 26 joueurs de la RDC
La République démocratique du Congo entre dans une nouvelle dimension. Après plus d’un demi-siècle d’attente, les Léopards retrouvent enfin la Coupe du monde, et Sébastien Desabre vient de poser la première pierre concrète de cette aventure planétaire : une liste de 26 joueurs qui dit beaucoup plus que de simples noms couchés sur une feuille.
Cette convocation n’est pas seulement une sélection sportive. C’est un message. Un message d’équilibre, de continuité, d’ambition et de réalisme. Avec des cadres comme Cédric Bakambu, Chancel Mbemba, Lionel Mpasi, Samuel Moutoussamy ou Meschack Elia, mais aussi des profils forts comme Aaron Wan-Bissaka, Noah Sadiki, Simon Banza, Yoane Wissa, Charles Pickel ou Ngal’Ayel Mukau, Desabre semble avoir choisi une équipe capable de souffrir, de courir, de défendre bas, mais aussi de faire mal en transition.
Selon la liste publiée ce 18 mai 2026 par AS, la RDC affrontera le Portugal, l’Ouzbékistan et la Colombie dans le groupe K du Mondial 2026. La même source indique que les Léopards reviennent à la Coupe du monde après 52 ans d’absence, avec un groupe de 26 joueurs composé de gardiens, défenseurs, milieux et attaquants évoluant majoritairement à l’étranger.
Ce retour au Mondial ne peut donc pas être abordé comme une simple participation symbolique. La RDC ne vient pas seulement pour être présente. Elle vient pour exister. Et cette liste montre que Desabre veut construire une équipe compétitive, compacte, disciplinée, capable de rivaliser dans un groupe difficile.
Une liste qui confirme la méthode Desabre

Depuis son arrivée à la tête des Léopards, Sébastien Desabre a imposé une méthode claire : stabiliser l’équipe, renforcer l’identité collective, attirer les binationaux utiles au projet et installer une discipline tactique. Le parcours récent de la RDC, notamment la quatrième place à la CAN 2023 sous Desabre, a déjà montré une progression importante dans l’organisation défensive, la solidarité et la capacité à jouer des matchs fermés.
Cette liste pour le Mondial 2026 confirme cette logique. Il n’y a pas de révolution totale. Il y a une continuité, mais avec des ajustements forts. Desabre ne cherche pas à impressionner par des noms seulement. Il cherche des profils compatibles avec son idée de jeu.
La présence de Wan-Bissaka est, par exemple, un signal très fort. Ce n’est pas seulement un défenseur expérimenté de Premier League. C’est un joueur reconnu pour son duel défensif, sa vitesse, sa capacité à défendre en un contre un et à sécuriser un couloir. Dans une Coupe du monde où la RDC devra probablement subir par moments face à des nations techniquement supérieures, ce type de profil peut devenir précieux.
L’autre signal important, c’est le retour ou la présence de plusieurs joueurs offensifs capables d’apporter des solutions différentes : Bakambu pour l’expérience, Wissa pour la profondeur, Banza pour la présence dans la surface, Mayele pour l’instinct, Bongonda et Elia pour la percussion, Mbuku et Cipenga pour la fraîcheur.
Desabre n’a pas choisi une équipe uniquement défensive. Il a choisi une équipe qui peut défendre sérieusement, puis attaquer vite.
Les gardiens : une hiérarchie ouverte mais une base solide

Dans les cages, Desabre a retenu Timothy Fayulu, Lionel Mpasi et Matthieu Epolo. C’est un choix cohérent, car la RDC avait besoin de sécurité, mais aussi d’une concurrence réelle.
Lionel Mpasi conserve une place particulière dans l’histoire récente des Léopards. Lors de la CAN 2023, il avait marqué les esprits, notamment lors du huitième de finale contre l’Égypte où il avait inscrit le dernier tir au but et été élu homme du match. Cette image reste forte dans la mémoire des supporters congolais. Mpasi symbolise le courage, la sérénité dans les moments chauds et cette capacité à répondre présent lorsque la pression monte.
Mais la présence de Matthieu Epolo change aussi la dynamique. Jeune, formé en Europe, habitué à un contexte compétitif, il représente l’avenir. Desabre ne prépare donc pas seulement trois matchs de groupe. Il prépare aussi la suite de la sélection.
Timothy Fayulu, lui, apporte une autre option. Dans une compétition aussi intense que le Mondial, le poste de gardien peut devenir décisif. La RDC devra avoir un dernier rempart capable de supporter la pression, de communiquer avec une défense parfois exposée, et surtout de rester concentré même si l’équipe subit.
La grande question sera donc celle de la hiérarchie. Mpasi part avec une légitimité historique. Epolo pousse derrière. Fayulu complète le trio. Desabre devra choisir entre l’expérience émotionnelle du groupe et la dynamique du moment.
La défense : solidité, puissance et profils de duel
La défense est probablement l’un des secteurs les plus intéressants de cette liste. On y retrouve Aaron Wan-Bissaka, Gédéon Kalulu, Chancel Mbemba, Steve Kapuadi, Axel Tuanzebe, Dylan Batubinsika, Rocky Bushiri, Arthur Masuaku et Joris Kayembe.
Ce bloc défensif montre une idée claire : Desabre veut des joueurs capables de tenir physiquement, d’être agressifs dans les duels et de défendre sur la largeur. Face au Portugal, à la Colombie ou même à l’Ouzbékistan, les couloirs seront essentiels. Les adversaires chercheront à étirer la RDC, à créer des décalages et à provoquer des un contre un.
C’est là que Wan-Bissaka peut devenir une arme majeure. Sa réputation de défenseur difficile à passer peut permettre à la RDC de verrouiller un côté, surtout face à des ailiers rapides. Son apport offensif ne sera peut-être pas la première attente, mais sa capacité à éteindre un couloir peut changer un match.
Chancel Mbemba reste l’âme défensive de cette sélection. Capitaine emblématique, joueur expérimenté, il connaît les grands rendez-vous et possède cette autorité naturelle dont une équipe a besoin dans les moments de tempête. Même si son état de forme devra être surveillé, son leadership est difficilement remplaçable. Sur le plan symbolique, Mbemba représente la continuité, la fierté et le respect du maillot.
Autour de lui, Desabre dispose de plusieurs options. Axel Tuanzebe apporte puissance et expérience du football anglais. Batubinsika offre de la densité. Bushiri est un défenseur dur sur l’homme. Kapuadi, lui, est un profil plus récent dans le groupe, mais intéressant par son pied gauche et sa capacité à évoluer dans l’axe. Sa trajectoire, passée par plusieurs championnats européens, montre un défenseur en progression, désormais intégré dans le projet congolais.
Sur les côtés, Masuaku et Kayembe offrent deux profils utiles. Masuaku a plus d’expérience et une qualité technique supérieure. Kayembe peut apporter de l’énergie, de la discipline et une meilleure couverture selon le système choisi.
Cette défense donne l’impression d’un secteur bien fourni, mais il y a une condition : la coordination. Avoir des bons défenseurs ne suffit pas. Il faudra une ligne compacte, des automatismes et une communication parfaite. Au Mondial, une erreur d’alignement peut coûter très cher.
Le milieu : le vrai cœur du projet congolais
Le milieu de terrain est peut-être le secteur qui révèle le plus clairement l’idée de Desabre. Samuel Moutoussamy, Ngal’Ayel Mukau, Gaël Kakuta, Charles Pickel, Noah Sadiki et Edo Kayembe forment un groupe varié, entre expérience, volume, technique et projection.
Moutoussamy est un joueur important parce qu’il comprend les exigences de l’équipe nationale. Il n’est pas toujours spectaculaire, mais il sait équilibrer, compenser, garder la structure. Dans une compétition comme la Coupe du monde, ce genre de joueur devient indispensable. La RDC ne pourra pas jouer uniquement avec des artistes. Elle aura besoin de travailleurs intelligents.
Charles Pickel apporte une dimension physique, de l’impact et une présence précieuse dans les duels. Contre des équipes comme le Portugal ou la Colombie, le milieu sera une zone de combat. Il faudra gagner des deuxièmes ballons, couper les transitions adverses et empêcher les joueurs créatifs de se retourner facilement.
Noah Sadiki est l’un des noms les plus intéressants de cette liste. Sa présence donne de la jeunesse, de l’activité et une touche moderne au milieu congolais. C’est le genre de joueur capable de courir beaucoup, de presser, de se projeter et de donner du rythme. Dans une équipe qui peut parfois manquer de fluidité dans la construction, Sadiki peut apporter cette mobilité essentielle entre les lignes.
Ngal’Ayel Mukau représente aussi l’avenir. Sa sélection montre que Desabre continue d’élargir le réservoir congolais avec des jeunes formés dans des environnements exigeants. Il ne s’agit plus seulement de réunir des joueurs expérimentés. Il s’agit de construire une génération capable de durer.
Gaël Kakuta, lui, reste un cas particulier. Techniquement, il possède une qualité rare. Dans un match fermé, il peut trouver une passe, provoquer une faute, calmer le jeu ou faire respirer l’équipe. Mais son utilisation devra être intelligente. Kakuta n’est pas forcément le joueur du pressing permanent. C’est un joueur de moments, d’inspiration, de gestion.
Edo Kayembe complète ce milieu avec son volume et sa capacité à jouer dans l’intensité. Il peut être utile dans un double pivot, surtout si Desabre veut densifier l’axe.
Au total, ce milieu paraît construit pour s’adapter. La RDC peut jouer avec deux récupérateurs et un créateur, ou avec trois milieux travailleurs pour fermer l’axe. C’est probablement là que Desabre fera ses choix les plus importants selon les adversaires.
L’attaque : profondeur, expérience et concurrence féroce
L’attaque congolaise est impressionnante par sa diversité. Théo Bongonda, Nathanaël Mbuku, Cédric Bakambu, Simon Banza, Fiston Mayele, Brian Cipenga, Yoane Wissa et Meschack Elia offrent à Desabre plusieurs plans de jeu.
Bakambu reste le visage le plus connu de cette ligne offensive. Son expérience internationale, son parcours européen et son statut dans la sélection en font un leader naturel. Il n’a plus besoin de prouver son attachement au maillot. Selon les données disponibles sur l’équipe nationale, Bakambu fait partie des meilleurs buteurs historiques de la RDC.
Mais la grande force de cette liste, c’est que Bakambu n’est plus seul. Simon Banza apporte un profil de vrai finisseur, capable de peser dans la surface, de jouer dos au but et d’attaquer les centres. Fiston Mayele, lui, reste un attaquant instinctif, dangereux dans les zones de vérité. Dans un match où la RDC aura peu d’occasions, ce type de joueur peut être précieux.
Yoane Wissa est une arme majeure. Sa vitesse, son agressivité offensive, sa capacité à attaquer la profondeur et à jouer sur un côté ou dans l’axe donnent à Desabre une flexibilité importante. Son retour dans une liste mondiale, après avoir été freiné par des soucis physiques avant la CAN selon Reuters, est une excellente nouvelle pour la RDC.
Meschack Elia reste l’un des joueurs les plus électriques du groupe. Il peut déséquilibrer, provoquer, accélérer. Dans une Coupe du monde, les joueurs capables de casser une ligne par la vitesse sont indispensables. Elia peut être titulaire selon les matchs, mais il peut aussi devenir une arme en seconde période face à des défenses fatiguées.
Théo Bongonda offre une qualité technique et une frappe intéressante. Joueur offensif gaucher, habitué à évoluer sur les ailes, il donne une option créative. Son expérience en club, notamment au Spartak Moscou, ajoute une dimension internationale à l’attaque congolaise.
Nathanaël Mbuku et Brian Cipenga représentent davantage la fraîcheur et la profondeur d’effectif. Ce sont des joueurs qui peuvent entrer pour changer le rythme, apporter de l’insouciance et profiter des espaces. Dans un tournoi aussi long, ce type de profil peut compter.
La vraie question sera donc la suivante : qui accompagnera Bakambu ou Banza ? Desabre devra choisir entre expérience, vitesse, complémentarité et état de forme. Une attaque Wissa-Bakambu-Elia paraît très verticale. Une attaque Bongonda-Banza-Wissa pourrait être plus équilibrée. Une entrée de Mayele en fin de match peut offrir une solution différente dans la surface.
Quel système pour les Léopards ?

La liste permet plusieurs systèmes, mais deux options semblent les plus crédibles : le 4-2-3-1 et le 4-3-3.
Le 4-2-3-1 permettrait à Desabre de sécuriser l’axe avec deux milieux travailleurs, tout en laissant un créateur derrière l’attaquant. Dans ce schéma, Kakuta pourrait jouer en numéro 10, avec Wissa et Elia ou Bongonda sur les côtés, et Bakambu ou Banza devant. C’est un système intéressant si la RDC veut garder une structure défensive solide tout en conservant une menace offensive.
Le 4-3-3 semble également naturel. Avec Pickel, Moutoussamy et Sadiki, la RDC pourrait former un milieu très actif, capable de courir, presser et fermer les espaces. Devant, trois attaquants rapides pourraient exploiter les transitions. Ce système semble particulièrement adapté contre des équipes qui auront davantage le ballon.
Contre le Portugal, Desabre pourrait privilégier la prudence, avec un bloc compact et des transitions rapides. Contre l’Ouzbékistan, la RDC aura peut-être davantage l’obligation de prendre le jeu à son compte. Contre la Colombie, il faudra probablement mélanger combat physique, discipline défensive et efficacité offensive.
Cette liste a donc une qualité importante : elle donne des options. Et dans une Coupe du monde, l’adaptabilité est souvent plus importante que la beauté du jeu.
Les forces de cette sélection
La première force de cette liste, c’est l’expérience. Mbemba, Bakambu, Moutoussamy, Masuaku, Kakuta, Mpasi ou Elia connaissent déjà le haut niveau international. Ils savent ce que signifie porter ce maillot dans des matchs à pression.
La deuxième force, c’est la profondeur offensive. La RDC possède plusieurs attaquants capables de marquer, ce qui n’a pas toujours été le cas dans son histoire récente. Avoir Bakambu, Wissa, Banza, Mayele, Elia et Bongonda dans le même groupe donne des solutions réelles.
La troisième force, c’est l’impact physique. Dans presque toutes les lignes, la RDC dispose de joueurs puissants, rapides, capables de répondre dans les duels. Dans un Mondial, cette dimension peut permettre aux Léopards de ne pas être écrasés.
La quatrième force, c’est l’état d’esprit. Depuis plusieurs années, cette équipe semble plus soudée. Elle dégage une identité plus claire. Elle n’est pas encore parfaite, mais elle sait souffrir ensemble.
Les limites et les dangers
La première limite concerne la création du jeu. Face à des blocs bas, la RDC peut parfois manquer de fluidité. Si l’adversaire laisse le ballon aux Léopards, il faudra être capable de construire patiemment, de trouver les espaces et de ne pas se précipiter.
La deuxième limite concerne la gestion émotionnelle. Le retour au Mondial est historique. La pression populaire sera énorme. Chaque match sera vécu comme un événement national. Desabre devra protéger son groupe contre l’excès d’émotion.
La troisième limite concerne les automatismes. Certains joueurs ont rejoint récemment le projet. D’autres évoluent dans des championnats très différents. Il faudra créer une cohésion rapide, car au Mondial, il n’y a pas beaucoup de temps pour corriger.
La quatrième limite concerne l’efficacité. La RDC aura probablement moins d’occasions que ses adversaires dans certains matchs. Il faudra donc convertir les rares situations. À ce niveau, la différence se fait souvent sur un détail : un coup franc, un corner, une transition, une erreur adverse.
Ce que cette liste dit de l’ambition congolaise
Cette liste montre que la RDC ne veut pas simplement participer. Elle veut rivaliser. Desabre a construit un groupe sérieux, équilibré et compétitif. Il n’a pas convoqué uniquement des noms populaires. Il a convoqué des profils.
Wan-Bissaka représente la solidité. Sadiki représente l’avenir. Bakambu représente l’expérience. Wissa représente la menace moderne. Banza représente l’efficacité. Mbemba représente l’autorité. Mpasi représente la mémoire émotionnelle récente.
C’est une équipe qui mélange générations, parcours et styles. Une équipe qui peut être difficile à battre si elle respecte son plan de jeu. Une équipe qui peut surprendre si ses attaquants sont en forme. Une équipe qui devra toutefois éviter les erreurs naïves, car le Mondial ne pardonne rien.
La RDC arrive dans un groupe compliqué, mais pas impossible. Le Portugal sera logiquement favori. La Colombie aura une grande expérience. L’Ouzbékistan sera probablement le match le plus stratégique pour les Léopards. Mais dans une Coupe du monde élargie, chaque point peut compter. Chaque but peut peser. Chaque détail peut ouvrir une porte.
Conclusion : une liste sérieuse pour un rendez-vous historique
La liste de Sébastien Desabre pour le Mondial 2026 marque une étape historique pour le football congolais. Elle confirme la montée en puissance d’une génération qui a appris à souffrir, à progresser et à croire en ses moyens.
Ce groupe de 26 joueurs n’est pas parfait, mais il est cohérent. Il possède de l’expérience, de la puissance, de la vitesse et plusieurs options offensives. Surtout, il semble construit autour d’une idée claire : être solide, rester uni et frapper au bon moment.
Pour les supporters congolais, cette Coupe du monde sera plus qu’un tournoi. Ce sera un symbole. Le symbole d’un pays qui revient sur la plus grande scène du football après des décennies d’attente. Le symbole d’une nation qui veut retrouver sa place. Le symbole d’un maillot qui porte une immense charge émotionnelle.
Désormais, la question n’est plus seulement de savoir qui est dans la liste. La vraie question est de savoir jusqu’où cette équipe peut aller.
Et si les Léopards réussissent à transformer leur discipline, leur talent et leur fierté en résultats, alors la RDC pourrait bien écrire l’une des plus belles pages de son histoire sportive.
SOURCES
A LIRE
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